Energie solaire : ce que change l’arrêté S21

L’énergie solaire connaît un essor considérable en France, soutenue par des dispositifs réglementaires tels que l’arrêté S21. Ce texte encadre les conditions d’achat de l’électricité produite par les installations photovoltaïques de moins de 500 kWc. Depuis sa publication le 6 octobre 2021, les autorités ont modifié l’arrêté S21 à plusieurs reprises. Elle s’est adaptée aux évolutions du marché et aux objectifs énergétiques nationaux. Cet article vise à éclairer les particuliers et les professionnels sur les aides photovoltaïques actuelles, en mettant en lumière les dernières modifications de l’arrêté S21 et leur impact sur les projets solaires.

Présentation de l’arrêté S21 et ses objectifs pour favoriser l’énergie solaire

L’arrêté S21 établit les conditions d’achat de l’électricité produite par les installations photovoltaïques de puissance inférieure ou égale à 500 kWc. Ces installations doivent être situées sur des structures telles que des bâtiments, hangars ou ombrières. L’arrêté vise principalement à favoriser le développement de l’énergie solaire en France. Il offre aux producteurs une rémunération stable et garantie sur 20 ans. Ce dispositif vise également à encourager l’autoconsommation et la vente de surplus, tout en contribuant à la transition énergétique nationale.

Les aides pour l’énergie solaire prévues par l’arrêté S21

L’arrêté S21 propose plusieurs mécanismes de soutien financier pour les installations photovoltaïques. Les producteurs peuvent bénéficier de tarifs d’achat garantis pour l’électricité injectée sur le réseau. Ces tarifs varient en fonction de la puissance de l’installation et de la date de signature du contrat. Ils sont révisés trimestriellement par la Commission de régulation de l’énergie (CRE) pour refléter les évolutions du marché.

De plus, les installations de moins de 100 kWc qui consomment une partie de l’énergie produite sur site peuvent percevoir une prime à l’autoconsommation. Celle-ci est versée sur les cinq premières années de fonctionnement.

Modifications récentes de l’arrêté S21

Les dernières modifications apportées à l’arrêté S21 concernent principalement le soutien au développement du photovoltaïque sur bâtiment, hangars et ombrières. Voici les principales modifications :

Réduction des tarifs pour les petites installations (0-9 kWc)

Le niveau de la prime pour l’autoconsommation résidentielle sur toiture est divisé par deux. Le tarif d’achat de l’éventuel surplus d’électricité produite est également abaissé.

Réduction rétroactive du tarif d’achat pour les installations de 100 à 500 kWc

À partir du 1er février 2025, le tarif d’achat est réduit et une modulation à la baisse est prévue pour les mois suivants.

Nouvelles exigences pour les installations de 100 à 500 kWc

À partir du 1er juillet 2026, ces installations devront justifier d’un approvisionnement en modules provenant d’usines européennes pour respecter le règlement sur l’industrie net zéro (NZIA).

Soutien réservé aux projets avec approvisionnement résilient européen

À partir de juin 2026, le soutien sera réservé aux projets ayant un approvisionnement résilient européen.

Impact des modifications sur les porteurs de projets d’énergie solaire

Les évolutions récentes de l’arrêté S21 auront des conséquences significatives. Tant pour les particuliers que pour les professionnels investis dans le secteur photovoltaïque.

Pour les particuliers

La baisse des tarifs d’achat pour les petites installations (0-9 kWc) et la diminution de la prime à l’autoconsommation rendent l’investissement dans les installations photovoltaïques moins attractif pour les particuliers. Cela pourrait entraîner une diminution de l’adoption de l’énergie solaire au niveau résidentiel.

Les particuliers sont toujours encouragés à investir dans l’autoconsommation malgré la réduction des aides. Cela leur permettra de réduire leurs factures énergétiques à long terme. Cependant, ils devront évaluer soigneusement la rentabilité de leur projet avec les nouvelles conditions.

Les nouvelles exigences relatives à l’approvisionnement en modules provenant d’usines européennes pourraient compliquer la mise en place des projets résidentiels. Elles augmentent les coûts et rendent la logistique plus complexe.

Pour les professionnels

La baisse des tarifs d’achat pour les installations de 100 à 500 kWc impacte directement les revenus attendus des projets photovoltaïques commerciaux. Les professionnels devront ajuster leurs modèles économiques pour maintenir la rentabilité de leurs projets.

Les professionnels doivent se préparer à justifier d’un approvisionnement en modules provenant d’usines européennes à partir de juillet 2026. Cette exigence pourrait entraîner des coûts supplémentaires et une complexité accrue dans la gestion des projets.

Cependant, les exigences de résilience européenne offrent une opportunité de renforcer la production locale et de créer des emplois dans l’industrie photovoltaïque européenne. Les professionnels qui s’adaptent rapidement à ces exigences peuvent tirer parti de ces opportunités.

Les professionnels devront s’assurer que leurs projets respectent les nouvelles conditions pour bénéficier du soutien public. Cela pourrait restreindre certains projets qui ne répondent pas aux critères d’approvisionnement résilient européen.

Perspectives pour le secteur de l’énergie solaire en France

Les perspectives pour le secteur photovoltaïque en France restent prometteuses, mais les modifications récentes de l’arrêté S21 présentent des défis significatifs.

Pour les particuliers, la réduction des aides financières et des tarifs d’achat rend l’investissement dans les installations photovoltaïques moins attractif. Cette diminution des incitations pourrait freiner l’adoption de l’énergie solaire au niveau résidentiel, ce qui complique l’atteinte des objectifs de transition énergétique.

L’autoconsommation est un moyen efficace afin de réduire leurs factures énergétiques sur le long terme. Cependant, ils devront évaluer minutieusement la rentabilité de leurs projets en tenant compte des nouvelles conditions. Les exigences supplémentaires concernant l’approvisionnement en modules provenant d’usines européennes compliquent la mise en place de ces projets. Elles entraînent des coûts potentiellement plus élevés et des défis logistiques.

Pour les professionnels, la baisse des tarifs d’achat pour les installations de 100 à 500 kWc réduit directement les revenus attendus des projets photovoltaïques commerciaux. Cette situation oblige les entreprises à ajuster leurs modèles économiques pour maintenir la rentabilité. Les nouvelles exigences de conformité, comme la nécessité de justifier d’un approvisionnement en modules européens à partir de juillet 2026, augmentent les coûts et la complexité de gestion des projets. Cependant, ces exigences ouvrent également des opportunités de croissance locale en renforçant la production européenne et en créant des emplois dans l’industrie photovoltaïque. Les professionnels qui s’adaptent rapidement à ces nouvelles conditions peuvent en tirer parti, bien que la transition puisse être difficile.

Conclusion

En résumé, bien que les évolutions de l’arrêté S21 visent à promouvoir une production d’énergie solaire locale et à réduire les émissions de gaz à effet de serre, elles présentent des défis importants pour les particuliers et les professionnels. La rentabilité, la complexité accrue et l’adaptation aux nouvelles exigences seront des obstacles majeurs à surmonter pour le développement du secteur photovoltaïque en France. Néanmoins, les efforts pour répondre à ces défis peuvent également ouvrir de nouvelles opportunités de croissance et renforcer la souveraineté énergétique du pays. Les aides photovoltaïques devront donc être bien comprises et utilisées pour maximiser les avantages et surmonter les obstacles.